FIFA RDC : Compétence internationale malgré des faits apparemment nationaux

Quand la FIFA est compétente pour les litiges entre joueurs et clubs, malgré des situations apparemment purement nationales.

La récente décision de la Chambre de Résolution des Litiges (CRD) de la FIFA du 9 décembre 2025 (FPSD-20363) apporte une clarification importante pour les litiges du travail dans le football professionnel (international). Au cœur de cette décision se trouve une question souvent sous-estimée dans la pratique : quand y a-t-il réellement une „dimension internationale“ qui justifie la compétence de la FIFA ?

Cette délimitation revêt une importance considérable, en particulier pour les joueurs, les clubs et les avocats, car elle détermine si une procédure doit être menée devant la FIFA ou devant des instances nationales.

Aperçu de l'affaire

Un joueur serbe a réclamé des salaires impayés à un club de Bosnie-et-Herzégovine. Le club n'a pas contesté la créance sur le fond, mais a soutenu que la FIFA n'était pas compétente. Il a notamment fait valoir que le joueur résidait en Bosnie, qu'il y avait un compte bancaire et qu'il était traité comme un joueur „national“ dans la ligue.

Le club visait ainsi à présenter le litige comme purement national et à retirer à la FIFA sa compétence.

La question juridique centrale : qu'est-ce qui fonde la dimension internationale ?

Dans sa décision, la RDC affirme clairement et sans équivoque que seule la nationalité des parties est déterminante pour l'évaluation de la dimension internationale. En revanche, des critères tels que la résidence, le statut de résident ou l'intégration économique dans le pays concerné ne sont pas déterminants.

Dans ce cas précis, le joueur était de nationalité serbe, alors que le club était basé en Bosnie-Herzégovine. Cette circonstance suffisait à elle seule à conclure à l'existence d'un différend international et donc à la compétence de la FIFA. .

Cette clarification est particulièrement pertinente dans la pratique, car dans de nombreux cas, les clubs tentent de construire une classification nationale par le biais de circonstances factuelles et d'échapper ainsi au régime de la FIFA.

Pourquoi le règlement de la ligue n'a pas joué de rôle

Le club a fait valoir, entre autres, des règlements de ligue selon lesquels les joueurs de certains pays - comme les anciens pays yougoslaves - ne sont pas considérés comme des „étrangers“. La RDC a clairement rejeté cet argument.

Elle a noté que de telles règles concernaient exclusivement le droit de participer aux compétitions, et non la qualification juridique de la nationalité. La question de la compétence internationale (de la RDC) doit être strictement séparée de cette question.

Il est donc clair que les catégories nationales ne peuvent pas être appliquées aux normes de compétence internationale de la RDC .

Le domicile et les liens économiques ne sont pas pertinents

Un aspect particulièrement important de la décision est qu'elle établit une distinction claire avec les modèles d'argumentation typiques dans la pratique. La DRC souligne que ni le lieu de résidence du joueur, ni ses coordonnées bancaires, ni aucun autre point de rattachement local n'entrent en ligne de compte.

Même si un joueur vit entièrement dans un pays et est économiquement intégré, le litige reste international s'il existe des nationalités différentes. Cela permet d'établir une délimitation claire et facilement applicable, qui garantit la sécurité juridique.

Décision matérielle : le silence ne protège pas

La compétence de la FIFA ayant finalement été reconnue, la RDC s'est tournée vers la réclamation matérielle. Le fait que le club n'ait pas contesté le contenu des salaires réclamés a joué un rôle décisif.

La DRC a considéré que ce comportement constituait un manquement à la charge de la preuve. En conséquence, le club a été condamné à payer la rémunération impayée d'un montant total de 15 500 KM nets, plus des intérêts de retard au taux de 5 % par an. .

Cette décision montre clairement qu'une stratégie de défense purement procédurale et formelle comporte des risques considérables.

Sanctions supplémentaires et conséquences sportives

Outre l'obligation de paiement, la DRC a également infligé un avertissement au club pour retard de paiement. En outre, il a été précisé qu'en cas de non-paiement dans les délais impartis, le club s'exposait à une interdiction de transfert pouvant aller jusqu'à trois périodes de transfert.

Cette décision souligne donc une fois de plus que les procédures de la FIFA peuvent avoir un impact non seulement financier, mais aussi sportif important.

Conclusion

La décision de la FIFA RDC fournit une ligne directrice claire et pratique : seule la nationalité des parties est déterminante pour la compétence internationale. Ni les classifications sportives/nationales ni les circonstances de fait ne peuvent modifier cette situation.

Dans la pratique, cela signifie que les questions de compétence doivent être examinées avec précision et à un stade précoce. Dans le même temps, ce cas montre qu'il est risqué de se concentrer exclusivement sur les objections formelles sans aborder le droit matériel.

Dans l'ensemble, cette décision renforce la sécurité juridique du droit du travail international dans le domaine du football et confirme le rôle central de la FIFA en tant qu'instance chargée de faire appliquer la loi en cas de litige transfrontalier.

Si vous avez besoin d'aide pour poursuivre ou repousser une réclamation devant la Chambre de Résolution des Litiges de la FIFA ou devant le TAS, n'hésitez pas à me contacter !

Avocat David Zellinger

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